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Estudiantina d'Hautefort

Et oui, le Périgord, tout proche du Limousin, fut aussi une terre de mandoline !

La mandoline y était, jusque dans les années 60, l’instrument pour apprendre la musique dans les écoles, surtout de jeunes filles, comme le montre cette photo de l’orchestre de mandolines d’Hautefort appellé « Estudiantina ».

Le mot « estudiantina » vient d’Espagne, c’est les « tunas », les regroupements d’étudiants jouant les mandolines, mandoles et mandoloncelles et les guitares. Ces orchestres à plectres se complètent généralement d’une contrebasse.

L’une des plus vieilles Estudiantina de France est celle de Toulouse (1886) et s’appelle désormais l’Ensemble à plectres de Toulouse. Il y a aussi l’Estudiantina d’Argenteuil dirigé par Florentino Calvo.
L’ espagnol Joaquin Turina a composé pour quatuor à plectres une oeuvre intitulé « Estudiantina ». Massenet fait de même dans son « Chérubin » et Verdi dans son Opéra « Othello ».

Et voici sur cette video un orchestre à plectre au grand complet, le Lugano’s mandolin orchestra (Ticino, Suisse), dirigé par  Mauro Pacchin dans un concert de Gala en 2005. La pièce est de Raffaele Calace et s’intitule  « Serenata gaia » , une « gaie sérénade », où l’on peut observer de près au début le geste du « trémolo »,  et les cordes doubles de la mandoline  que l’on nomme les « choeurs ».

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Et pour en savoir plus sur l’orchestre à plectre c’est ici.

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mouton-balcon-1IMG_0362

Cette semaine,  nous sillonnons le Limousin, entre Limoges et Brive en passant par St léonard de Noblat, St Germain les Belles, Rochechouart, Aixe Sur Vienne, Le Palais sur Vienne, Couzeix, Bellac, Bessines sur Gartempe et la Chapelle aux Brocs.

En voyant paître ici et là les moutons dans le froid de l’hiver, j’ai eu pour eux une pensée de gratitude en me rappelant que c’est grâce à ces animaux que nous faisons sonner nos instruments à cordes pincées et frottées, depuis des temps fort anciens -déjà au moyen-âge-, et jusqu’à aujourd’hui pour interpréter la musique baroque avec des instruments dits « d’époque ». La musique plus récente étant interprétée avec des cordes dites en « boyau filé » avec de l’aluminium ou de l’argent, en métal ou même synthétiques.

La sonorité des cordes en boyau nu est très chaude, douce et un peu granuleuse, d’une grande richesse harmonique, mais moins brillante et puissante que les cordes en métal ou synthétiques.

J’ai trouvé sur le Net cette video  -les commentaires sont en anglais mais les images se suffisent à elles-mêmes – qui retrace les étapes délicates de la fabrication des cordes en boyau de mouton.

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L’alto et la mandoline que nous jouons dans nos concerts en duo « De la plume à l’archet 2.0″, qu’étaient-ils avant de devenir des instruments de musique ?

Image 1Pour tenter de répondre à cette question, je suis partie le 10 décembre dernier à Fertans dans le Haut-Jura, à la rencontre de Bernard Michaud dont le métier est forestier, et particulièrement pour les bois de lutherie.

En réponse à ma première question et bien d’autres, Bernard a accepté de partager avec nous sa passion et les différentes étapes de son métier, à la racine des instruments de musique faits en bois, tels que le violon, l’alto, le violoncelle, la contrebasse, la mandoline, la guitare, la viole de gambe…etc, et aussi pour partie des orgues et clavecins.

L’histoire que nous décrit Bernard, c’est donc aussi celle de la naissance de mon alto et de la mandoline de Vincent…

Il était une fois…une petite graine dans une forêt, qui devint 150 ans plus tard un bel arbre adulte au port majestueux…

…la suite en videos ci-dessous


video 1/3 (découpage des séquences)

introduction et présentation de Bernard Michaud,

1 -du début à 4′56 -> le choix de l’épicea dans la forêt

2-de 4′58 à la fin -> à la scierie : première coupe de l’agrume

http://www.vimeo.com/8456759

video 2/3

3-du début à 2′44 -> la découpe : exemple pour une table de violoncelle

4-de 2′44 à 4′48 -> le bois en planches : pour une table d’alto ou de violon

5-de 4′48 à la fin -> la table de l’alto, en épicea

http://www.vimeo.com/8458063

video 3/3

6-du début à 3′18 -> l’érable ondé : dos, éclisses et manche de l’alto

7-de 3′18 à -> les ondes de l’érable : harmonisation

8-de 5′8 à la fin -> le set (presque) complet des bois pour la fabrication d’un alto

http://www.vimeo.com/8458763

Bernard est donc un chercher et un trouveur d’arbres de haute qualité, dont le bois servira aux luthiers et aux facteurs (d’orgues et de clavecins), pour fabriquer leurs instruments de musique. Il sélectionne ainsi pour eux environ une trentaine d’arbres par an, provenant de forêts principalement du Jura, et dont les deux essences principales sont les épiceas et les érables. Il travaille en harmonie avec la forêt, et repère « ses » arbres dans des futaies jardinées, c’est à dire dans des parcelles de la forêt travaillée, où les arbres poussent dans un respect de la biodiversité du lieu.

Un grand merci à Bernard pour son accueil et son partage !

Des liens :

-La scierie et l’atelier de Bernard Michaud et de « Bois de lutherie », c’est ici.

-En complément, une interview de Bernard Michaud par Isabelle Françaix en Aout 2006, dans la revue Ramifications

-L’album photo de la visite est sur flickr (visible aussi sur le blog colonne de gauche).

IMG_0256 - copie

A très bientôt,

et une belle et bonne année 2010 à tous les enfants de la Terre et de ses forêts enchantées :-)

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"Komm, liebe zither" de Mozart

femme à mando lombarde

Dans le même style galant que la Sérénade de Giovanni Hoffmann dont je vous parlais dans le précédent billet, Wolfgang Amadeus Mozart a composé lui aussi des pièces de musique originales pour mandoline, avec voix.

Parmi elles bien sûr, la célèbre Canzonetta « Dei vieni alla finestra » (« viens à la fenêtre »), dans le 2e acte de l’opéra Don Giovanni composé en octobre 1787. La mandoline accompagne ici le chant amoureux de Don Giovanni à sa belle. (voir video du billet précédent sur G. Hoffmann)

Mais six ans auparavant, en 1781, et alors qu’il résidait à Munich pour y achever l‘opéra Idomeneo qu’il avait commencé à Salzbourg l’année précédente, Mozart composait déjà pour ce duo mandoline et voix, deux lieder au caractère gracieux et charmant :

  • Le premier est « Die Zufriedenheit » (K 349), que l’on peut traduire par « La satisfaction ». Vous pouvez ici ou télécharger gratuitement et légalement la partition. Et je vous propose de l’entendre ici dans sa version originale, pour voix et piano :

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  • Le deuxième lied, « Komme, liebe Zither, komm » (K 351) (« viens chère Cithare, viens ») est celui que nous jouons pendant les tournées. Cette composition originale pour la mandoline et la voix, Mozart l’a dédiée à un corniste de l’orchestre de Munich nommé Lang. Une copie de l’autographe conservée aujourd’hui à Marbourg porte l’inscription « Pour M. Lang – Mozart 1780″. Le lied comporte 2 strophes d’un poète inconnu. (partition téléchargeable ici)

Vous pouvez entendre ce gracieux duo dans une version qui permet de découvrir la « zither » dont il est question dans les paroles, un ancien instrument traditionnel en Autriche…et ailleurs…et dont le timbre ici est étonnamment proche de celui de la mandoline.

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Le baryton est Hermann Prey, et Takashi Ochi joue la mandoline. L’enregistrement date de 1974 et l’illustration de la video est une photo du virtuose de la « zither  » John Christian ( »J. C. ») Scherer III (1876-1956).

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